LE PROJET PEDAGOGIQUE

Notre institut adhère au projet pédagogique de la Fédération de l’Enseignement Secondaire Catholique :

1. L’école

1.0. L’école, lieu de savoir et d’héritage…

L’école est un lieu de vie pour le jeune, mais elle l’est sur un mode particulier : celui du rapport au savoir et à l’apprentissage. Sans en avoir le monopole, l’école a pour devoir de lui proposer des connaissances, de l’aider à maîtriser des compétences, des habiletés intellectuelles et manuelles ainsi que des savoir être qui contribueront à relier le jeune à la société. Elle fera ainsi accéder la génération montante à une mémoire et à des références collectives, l’éduquant concrètement, par son organisation quotidienne, à des attitudes démocratiques, civiques, critiques, soucieuses du bien commun. En cela, elle collabore, chaque fois que c’est possible, avec les familles, premier lieu où se transmet une culture et où s’apprend le lien social. Cela implique, dans l’enseignement catholique, entre autres, la transmission de l’héritage culturel chrétien et la proposition de l’Evangile comme ferment de liberté et sens possible de la vie pour l’homme engagé dans l’œuvre de création.

1.1. L’école, lieu de sens…

Ces connaissances, ces pratiques et ces attitudes seront plus solidement acquises si elles ont été construites ou au moins perçues dans leur contexte et leur histoire et situées dans le système dont elles font partie. L’élève en saisira d’autant mieux la signification et la nécessité qu’elles proposent des réponses à ses questions, qu’elles lui permettent de résoudre des problèmes, qu’elles sont articulées, par des liens cohérents, à des pratiques ou à des savoirs déjà installés et qu’elles lui donnent finalement de mieux comprendre le monde.

1.2. L’école, instrument d’insertion…

Les savoirs et techniques transmis par l’école doivent être régulièrement actualisés. C’est seulement si elle ouvre aux réalités socio-économiques et culturelles contemporaines que l’école pourra prendre en compte le désir d’insertion des jeunes dans la vie relationnelle, citoyenne et professionnelle. Les technologies nouvelles – notamment de communication – la pratique adéquate du stage ou de l’alternance seront mises au service de stratégies de formation appropriées aux besoins divers des jeunes.

2. Les enseignants

2.0. Par des enseignants reconnus comme acteurs essentiels

Quel que soit l’angle à partir duquel on envisage le projet pédagogique que l’école secondaire catholique se donne, il faut mesurer le rôle et la place indispensables qu’y prennent les enseignants. Rien ne se fait sans les femmes et les hommes qui, chaque jour, rencontrent les jeunes dans leurs réalités, aux prises avec leur projet de vie et d’apprentissage. C’est bien par les enseignants que les grands objectifs de l’enseignement se trouvent concrètement poursuivis.

La gravité de la tâche dit assez que les enseignants, les éducateurs, les directions sont au sein de l’école de réels acteurs politiques de la société. C’est leur dignité de se forger une culture du métier renouvelée, participative, en intelligence critique avec la société entière qui doit les reconnaître et leur faire confiance.

2.1. Par ces enseignants qui analysent ce qui change dans leur fonction et dans l’apprentissage et en tirent les conséquences

Cette culture professionnelle peut être vécue dans un sentiment de fierté et d’appartenance. Elle permettra que se développent en chacun de nouvelles capacités d’analyse portant sur les changements de sa fonction et sur les démarches d’apprentissage qu’il met en œuvre. Elle trouvera des expressions concrètes à travers le projet d’établissement.

Le métier change. Il implique sans doute, progressivement, un exercice plus collectif et une place à faire à de nouvelles méthodes. Il appartient aux enseignants d’en inventer les chemins. Il reste cependant que la relation pédagogique implique un engagement singulier de chaque enseignant, appelé à reconnaître ses valeurs pour décider de son action.

2.2. Par des enseignants qui peuvent bénéficier d’une formation continue et de temps d’échanges

La cohérence, l’existence même du projet pédagogique que les enseignants traduiront en actions concrètes dans le projet d’établissement supposent que se développe une formation continue praticable et que se mettent en place des lieux et des temps d’échanges professionnels effectifs entre enseignants.

3. L’élève

3.0. Pour un élève autonome, qui dialogue et s’exprime

Dans un processus d’appropriation des compétences, des savoirs et des techniques, on privilégiera les méthodes qui favorisent l’autonomie de l’élève, le développement de sa curiosité, de son désir et de sa capacité d’apprendre progressivement par lui-même. On visera, de cette manière, la construction d’un jugement personnel ainsi qu’une auto-évaluation référée à des critères pertinents, conscients et convenus.

Une place centrale sera faite au questionnement qui évite tout dogmatisme, à la dialectique qui confronte les points de vue, à la résolution de problèmes, qu’ils soient présents dans la réalité ou proposés à la curiosité des esprits.

Le jeune maîtrisera d’autant mieux son apprentissage que celui-ci aura été le fruit d’un dialogue et d’une interaction constante avec autrui : maîtres, condisciples, auteurs du passé. La formation conçue ainsi dans sa dimension d’œuvre collective et réciproque comprendra aussi la relation aux experts, aux documents, matériaux et instruments de référence…

On perçoit l’importance que revêt dans ce cadre la maîtrise de la langue d’enseignement, orale et écrite, comme outil permanent de découverte de soi, des autres, du monde et comme instrument de communication, de développement de la pensée analytique, de l’intelligence critique et de l’esprit de synthèse autant que d’intégration sociale et de créativité.

Dans cette conception de l’apprentissage, la dimension affective ne peut être négligée, non plus que le rôle du désir, de l’émotion, des empathies.

La part faite à l’intériorité et à la sensibilisation esthétique et, à partir d’elles, une large ouverture à la dimension du bien et du beau et aux voies de l’expression artistique ne pourront qu’approfondir la conception globale que le jeune se fera de l’humain.

3.1. Pour un élève reconnu dans sa différence et soutenu dans son projet de réussite…

Cette approche de l’apprentissage engage à prendre en considération la différence des acquis, des motivations, des rythmes, des milieux socioculturels. Il n’y a ni voie unique ni système miracle. La bonne méthode est plurielle : c’est elle qui fait progresser et réussir, qui respecte la personnalité de l’élève… et du maître, sans négliger pour autant les efforts de standardisation des objectifs et des compétences évaluables au terme du degré ou des études secondaires.

3.2. Pour un élève orienté dans le respect de ses aptitudes et des exigences de la société…

Cette standardisation équilibre et complète la différenciation des moyens d’apprentissage. Elle met pratiquement l’école et ses différents acteurs – enseignants et apprenants solidaires – devant une obligation de résultats. L’effort de démocratisation des études, qui a déjà permis l’accès des études secondaires à l’ensemble de la population, doit viser l’idéal d’une vraie réussite de chacun, dans toutes les dimensions de sa personne. Cette visée féconde situe l’ensemble de la scolarité obligatoire dans une perspective qui favorise l’orientation de l’élève et la maturation de son projet personnel, plutôt que dans une perspective de sélection par l’échec.

Doter chaque élève des compétences et des savoirs nécessaires à la poursuite de son projet, exiger de chacun son maximum d’excellence, favoriser l’égalité des chances en assurant à certains un surcroît d’attention et de moyens, à d’autres, par contre, des performances à leur mesure et, à tous, des défis, c’est dans cette vision démocratique que l’école visera l’égalité des résultats.

Dans cet ordre de préoccupation, une attention particulière sera apportée aux vrais « démunis économiques » et, sans rien brader, aux difficultés qui peuvent perturber leur relation à la culture scolaire et aux savoirs.

Il conviendra en outre d’aborder le public de l’enseignement spécialisé avec toute la différenciation nécessaire sur le plan pédagogique. Tout sera mis en œuvre à tout niveau pour intégrer le jeune scolairement, socialement et, chaque fois que possible, pour le préparer à une profession.

4. La société

4.0. Vers une société solidaire…

Cette tension vers l’obligation de résultats qui vise l’exhaussement du niveau de culture et de compétence de l’ensemble de la population, exige un climat de coopération et de solidarité, initiation à la vie en société. Elle implique la conviction que tous peuvent réussir, et en même temps que rien ne s’obtienne sans effort. Elle demande l’entraide, la coopération et une saine émulation. Faire l’expérience de l’intérêt commun dans l’apprentissage peut entraîner une valorisation du travail en équipe où une réussite partagée transcende rivalités et concurrences.

4.1. Vers une société qui valorise…

Là aussi le respect des différences, l’écoute, la mise en valeur de la variété des talents, la patience, la constance devant la diversité des maturations intellectuelles et affectives seront les gages du succès. L’échec lui-même, s’il devait avoir lieu, pourrait avoir un sens à condition d’être compris par le jeune, d’être accompagné et surtout « positivé ».

4.2. Vers une société de citoyens…

Ces pratiques vécues dans la difficulté bien réelle de publics de plus en plus hétérogènes, appellent nécessairement au cœur même de la classe et de l’école, conçues comme un lieu de construction active de soi et de socialisation, des règles de vie en commun, une habitude du respect réciproque, le refus de la violence et une progressive intériorisation de la loi. Les règles de vie qui traduisent celle-ci dans la vie scolaire quotidienne doivent être claires, cohérentes, autant que possible conçues ensemble, connues de tous, partagées et respectées par tous. Elles impliquent, si nécessaire, sanctions et arbitrages. Chaque jeune fera ainsi, dans l’expérience collective, son apprentissage de la citoyenneté adulte. Respect de soi et respect d’autrui s’articulent en pratiques citoyennes, lorsqu’on apprend ensemble.

Règles de vie communes et apprentissage collectif trouveront d’autant mieux leur équilibre qu’on y aura fait place au corps, au sport, à la gestion du stress et à l’éducation à la santé.

5. Spécificité éducative et pédagogique de

Don Bosco – Verviers

Notre Institut se réfère à Don Bosco tant dans l’élaboration de ses objectifs éducatifs et pédagogiques que dans la détermination des moyens méthodologiques mis en œuvre pour tenter de les atteindre.

Notre établissement veut donc maintenir et développer les constantes suivantes :

5.0. Une école qui place le jeune au centre du fait éducatif et pédagogique

5.0.0. Elle accueille le jeune comme il est et au point où il se trouve.

5.0.1.. Elle l’aide à grandir intégralement, selon ses possibilités.

5.0.2. Elle reconnaît, à travers des propositions éducatives et pédagogiques variées et concrètes, son besoin de s’exprimer, de se confronter à d’autres, de se rendre responsable de ses propres choix.

5.0.3. Elle ne se contente pas des seules heures de classe mais elle fait alterner l’étude avec des activités culturelles, récréatives, artistiques, sociales, pastorales, etc…

5.0.4. Elle porte attention particulière aux plus faibles par la mise en place concrète des moyens pour les aider, les soutenir et les protéger de tout comportement dont ils seraient les victimes.

5.1. Une école qui cherche à créer un esprit de famille

5.0.0. Elle entretient une culture de proximité, voire de complicité positive, dans la relation d’attention avec les jeunes.

5.0.1. Elle suscite la convivialité tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses murs, permettant à chacun de se sentir accueilli, à l’aise, en réelle fraternité.

5.0.2. Elle promeut le respect de tout jeune par une capacité d’accueil, d’écoute, de cordialité, même lorsque son vocabulaire est provocateur, le respect des uns entraînant le respect des autres.

5.0.3. Elle favorise et cultive les rapports personnels, le dialogue, la solidarité, l’amitié et la créativité offrant ainsi aux jeunes un espace pour des groupes organisés ayant des buts formateurs et fonctionnels.

5.0.4. Elle vise la cohésion des équipes éducatives et pédagogiques par degré ou section dans le souci de porter témoignage de cet esprit de famille auprès des jeunes.

5.2. Une école appliquant la prévention salésienne

5.2.0. Elle encourage la présence des membres de l’équipe de direction, des enseignants et des éducateurs parmi les élèves durant les récréations et les activités qui leur sont propres, la prévention s’exprimant alors en terme de présence.

5.2.1. Elle souhaite que tout professeur ne se contente pas d’enseigner mais qu’il prenne le temps de partager, de conseiller, d’accompagner, de se divertir, voire même de prier avec ses élèves.

5.2.2. Elle porte un regard optimiste sur les personnes pour gérer les problèmes relationnels. Regard optimiste qui libère et remet en route !

5.2.3. Elle s’efforce de résoudre les difficultés par la relation pédagogique plutôt que par la sanction.

5.2.4. Elle veille au respect d’un règlement d’ordre intérieur afin d’assurer une cohérence du système préventif en vigueur.

5.2.5. Elle offre aux élèves des moyens, des occasions et des structures leur permettant de se prendre progressivement en charge.

5.2.6. Elle évite, au maximum, le renvoi d’un élève. Si cela devenait inévitable, elle s’engagerait à trouver une solution d’avenir pour le sanctionné.

5.2.7. Elle s’entoure de personnes ou d’organismes compétents afin d’assurer une prévention particulière relative aux problèmes vécus par certains jeunes (alcoolisme, drogue, …).

5.3. Une école ouverte sur le monde

5.3.0. Elle se veut attentive aux changements culturels et soucieuse de proposer à son équipe éducative les moyens de s’y adapter.

5.3.1. Elle est porteuse d’un projet de société marqué par :

- le respect de la dignité et des droits de la personne et de la famille,

- la diffusion d’une culture de solidarité et de paix,

- la promotion de conditions de vie plus justes,

- la défense de l’équilibre écologique.

5.3.2. Elle permet aux jeunes de s’ouvrir aux dimensions du monde par des témoignages, des actions, des projets à partir desquels il leur est demandé de devenir acteur et non consommateur de ce monde.

5.3.3. Elle aide le jeune à développer en lui un humanisme solide en éveillant son sens critique, son goût de l’effort, son désir de socialisation tout en l’éduquant à l’autonomie.

5.4. Une école qui évangélise en éduquant

5.4.0. Dans un contexte sécularisé et pluraliste, elle éduque les désirs de transcendance des jeunes et aborde avec eux les grandes questions de sens pouvant aller jusqu’à la rencontre de Jésus-Christ.

5.4.1. Elle a le souci de sensibiliser les jeunes aux dimensions de la foi, de l’espérance et de l’amour chrétiens et, plus largement, aux valeurs évangéliques.

5.4.2. Elle permet de rechercher et d’accueillir la part de vérité portée par chacun, dans un profond respect et une authentique tolérance.

5.4.3. Elle se fait un devoir de promouvoir le dialogue de la vie afin que chacun puisse s’épanouir au plus profond de son être et de se réaliser selon ses propres potentialités, en vue d’un meilleur service des autres.

5.4.4. Elle veille à offrir à ceux qui le souhaitent librement des moments, des rencontres, des temps forts et des lieux où ils puissent approfondir et célébrer leur engagement à la suite de Jésus-Christ.

5.5. En résumé, une école « à la Don Bosco »…, c’est-à-dire :

5.5.0. réajustant de façon permanente, le SYSTEME PREVENTIF de Don Bosco fondé sur :

- la RAISON signifiant appel à l’intelligence et souci de persuasion par opposition à la contrainte et la coercition,

- l’AFFECTION signifiant présence cordiale, partage familial et souci d’une nouvelle éducation centrée sur les personnes,

- la RELIGION signifiant carrefour entre Dieu et les hommes, recherche constante du Chemin, de la Vérité, de la Vie, mais aussi respect de tout autre dans son histoire, ses aspirations et ses convictions profondes.

5.5.1. donnant la première importance à la vie ordinaire tout en accordant la priorité

- au TRAVAIL et, dès lors, à la compétence professionnelle,

- à la JOIE et, dès lors, à l’optimisme issu de l’espérance en l’homme et en Dieu

- à la PIETE simple, liée au vécu quotidien.

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